Portrait d’entrepreneur #2 : Guillaume Gibault

Portrait d’entrepreneur #2 : Guillaume Gibault

Portrait d’entrepreneur #2 : Guillaume Gibault

À la tête d’une marque de sous-vêtements made in France, Guillaume Gibault voit grand et veut devenir le premier employeur textile français. En attendant d’atteindre son objectif, ce trentenaire est parvenu à imposer son «Slip français», grâce, notamment, au storytelling. Portrait

À tout juste 30 ans, Guillaume Gibault fait déjà figure de modèle en matière d’entrepreneuriat et est invité à participer aux conférences du Salon des entrepreneurs. C’est lors de l’édition lyonnaise que nous l’avons rencontré. Il est venu expliqué la genèse et le développement de son concept : le Slip français. L’idée (loufoque ?) de vendre un sous-vêtement made in France est née en 2011, Guillaume Gibault est alors diplômé d’une école de commerce (HEC !) et au chômage depuis quelques jours. Il a une idée en tête : créer une entreprise autour du textile. Il cherche à identifier le bon produit, à la fois facile à vendre en ligne et dont l’histoire serait suffisamment forte pour créer l’adhésion et encourager les ventes. Ce sera le slip, mais pas n’importe lequel : le Slip français ! «Cela faisait longtemps qu’une marque de sous-vêtements sympas ne s’était pas lancée. Et la fabrication française est un gage de qualité, qui fait briller les yeux des clients étrangers», raconte Guillaume Gibault.

Storytelling

Il se lance seul et trouve un fabricant en Dordogne. Il commande 600 slips qui se vendent très vite en ligne. Le produit est marrant et suscite sourires et sympathie. Le nom reste facilement en tête et le made in France est dans l’air du temps. Il faut aussi compter sur les efforts de Guillaume Gibault, qui croit fort en ce projet et le médiatise très vite. Il harcèle les rédactions pour qu’elles parlent de son produit et investit les réseaux sociaux. Ses messages décalés font le buzz. En 2012, pendant la campagne présidentielle, il détourne les affiches des candidats : «Le changement de slip, c’est maintenant», «La France forte en slip» ou encore «Prenez le pouvoir du slip». Les images font le tour du web et les ventes décollent. Aujourd’hui, la marque continue à parier sur le storytelling pour se forger une image sympathique et proche des gens et n’investit pas un centime en pub. La page Facebook de la marque compte plus de 100 000 fans. «On regarde constamment ce qui se fait ailleurs. On est en veille pour trouver de nouvelles idées et continuer à être forts sur le digital», détaille le jeune dirigeant.

Boutiques

En plus des ventes en ligne, le Slip français se développe grâce à un réseau de magasins physiques. «Le retail exige de gros investissements, contrairement au web. Mais avoir des boutiques est indispensable, cela donne une crédibilité à la marque et rassure en vue d’exporter. L’objectif, à terme, est que 90% des ventes se fassent en ligne, et 10% dans les magasins», souligne Guillaume Gibault. La marque est aujourd’hui présente à Paris avec 3 boutiques en propre et une dans le sud de la France. Elle rayonne également à l’international grâce à des corners. Ce pari né autour d’une bière est une réussite, avec 35 salariés et un chiffre d’affaires 2016 qui devrait frôler les 8 millions d’euros.

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